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L’intelligence ? Oui mais laquelle ? – 2

Publié le 19/04/2019

L'intelligence Oui mais laquelle

Observer son enfant pour déterminer ses intelligences multiples de prédilection :

Il a l’intelligence logico mathématique s’il aime comprendre comment fonctionnent les choses, s’il aime poser des questions, classer, faire des liens. S’il aime raisonner et argumenter, faire des hypothèses, expérimenter, vérifier. S’il fait des catégories, des liens entre différentes choses. S’il aime trouver les erreurs. S’il aime les jeux de logique. S’il aime trouver la solution d’un problème. Bien sûr aussi s’il aime calculer.

Il a l’intelligence verbale-linguistique s’il aime parler et s’il aime lire ! S’il aime raconter des histoires et entendre des histoires. S’il aime écrire des poèmes, des chansons, faire des rimes, faire des mots croisés, des jeux de mots. S’il se parle dans sa tête. Si son vocabulaire est développé.

Il a l’intelligence visuelle-spatiale s’il aime dessiner, peindre. S’il a un bon sens de l’orientation, s’il fait des cartes, s’il résout des casse-têtes, aime les puzzles. S’il aime les jeux de construction (les legos…), les livres de photos. S’il a besoin d’un dessin pour comprendre, s’il a un bon sens des couleurs. S’il visualise dans sa tête pour se rappeler quelque chose. S’il utilise des images pour décrire les choses.

Il a l’intelligence musicale s’il est sensible au son, au timbre de la voix, aux bruits du quotidien. S’il a un bon sens du rythme, s’il mémorise facilement des chansons et les mélodies, s’il aime chanter et chante bien. S’il aime jouer d’un instrument. S’il saisit facilement les différents accents. S’il imite les bruits, les accents, les personnes.

Il a l’intelligence kinesthésique s’il contrôle bien les mouvements de son corps, s’il a une bonne coordination. S’il aime le sport, la danse. S’il est casse-cou. S’il a besoin de bouger. S’il est sensible au toucher, s’il est habile de ses mains, et aime les activités manuelles. S’il apprend mieux en bougeant.

Il a l’intelligence naturaliste s’il distingue et classe les animaux, les plantes, les roches, les minéraux. S’il aime s’occuper des animaux, faire du jardinage, protéger l’environnement. S’il est à la traîne pendant les promenades parce qu’il observe. S’il aime visiter les zoos, les parcs. S’il aime les documentaires sur la faune et la flore. S’il se passionne pour le corps humain.

Il a l’intelligence interpersonnelle s’il entre facilement en relation avec les autres, s’il aime les activités de groupe, s’il joue souvent le rôle de médiateur, s’il manifeste de l’empathie, de la sensibilité aux autres. S’il préfère se faire aider plutôt que de chercher seul. S’il est très présent dans un groupe.

Il a l’intelligence intrapersonnelle s’il aime être seul. S’il est conscient de son fonctionnement, s’il définit ses objectifs, s’il analyse ses émotions, s’il connait ses forces et ses points d’amélioration, s’il a une grande vie intérieure (journal intime par exemple). S’il a des opinions, des intérêts, des projets personnels.

On se rend compte à le lecture de cette liste, que chaque personne a plusieurs intelligences. Et vous, quelles sont vos intelligences de prédilection?
Pour ma part, je considère que mes intelligences logico-mathématique et verbale-linguisitique sont plutôt développées, naturellement, ce qui a fait de moi une « bonne élève ». Un travail personnel et les épreuves de la vie m’ont permis de développer mes intelligences intra et inter-personnelles. Mon intelligence visuelle-spatiale est très moyenne, et mon intelligence kinesthésique plutôt en berne. Les intelligences musicales, naturalistes sont peu développées, mais ça ne fait pas partie de mes objectifs pour l’instant.

 

Comment utiliser les différentes intelligences pour apprendre ?

Quelques idées pour utiliser les différents types d’intelligence en mathématiques :

  • Linguistique : Décrire la formule en l’intégrant dans une histoire. Inventer des exercices. Faire des jeux de mots, des calembours ; écrire une histoire qui raconte les différentes étapes.
    Pour retenir 7 x 6=42, je me suis racontée l’histoire suivante : « Dieu a crée le monde en 7 jours, non en 6 jours en fait parce qu’il s’est reposé le 7ème jour, donc 42 car 42 c’est la réponse divine à tous les problèmes de l’Univers » (pour comprendre 42 voir ici.)
    Pour le théorème de Thalès, on peut se raconter l’histoire de Thalès, qui voulait mesurer la hauteur de la grande pyramide d’Egypte, et qui l’a fait en mesurant l’ombre d’un bâton et celle de la pyramide et en utilisant la proportionnalité.
Mesure de la hauteur de la grande pyramide de Kheops
  • Logico mathématique : Comprendre l’origine, le pourquoi de la formule. Savoir la transformer ; Définir précisément les différentes étapes.

Le théorème de Thalès met en jeu deux triangles semblables (côtés parallèles), ABC et AMN, A,B,M et A,C,N sont alignés. On fait un tableau de proportionnalité :

Triangle AMNAMANMN
Triangle ABCABACBC

On a donc AM/AB=AN/AC=MN/BC

  • Visuelle-spatiale : Visualiser mentalement les différentes formules et leurs modifications. Faire un graphique, concevoir un poster expliquant le mode opératoire pour résoudre un problème.

Pour le théorème de Thales, on peut faire une carte mentale :

  • Kinesthésique : Ecrire chaque formule sur une fiche et la signification de l’autre côté. Les avoir sur soi et les manipuler le plus souvent possible. Ecrire. Utiliser les mouvements des bras, des mains. Compter sur les doigts.

Pour Thales : Sur un côté du post it on dessine la configuration :

Et sur l’autre la conclusion.

  • Musicale : Mettre en scène et en musique. Enregistrer et écouter les cours, ou soi-même. Ecouter de la musique (de concentration plutôt). Chanter en rythme. Inventer des chansons pour retenir les formules.

Inventer une chanson sur Thalès. Le rap de Soprano sur le théorème de Thalès.
D’autres idées de mises en musique mathématiques ici.

  • Intrapersonnelle : Établir des relations entre les exercices et sa vie quotidienne. Comprendre dans quelles situations on peut réutiliser l’exercice.


« Ce théorème me sert quand je vois des triangles et qu’on me demande de calculer des longueurs. Ça me servira à avoir de bonnes notes en maths et me permettra de suivre l’orientation de mon choix… »

  • Interpersonnelle : Expliquer à l’autre, se faire expliquer. Travailler en groupe. Décrire à un autre tout ce qu’il doit faire pour résoudre l’exercice. Faire un brainstorming. Travailler en coopération.

Se poser à plusieurs des exercices dans lesquels on doit utiliser le théorème. Imaginer qu’on explique le théorème à un ami (ou mieux l’expliquer vraiment à un ami, un parent).

  • Naturaliste : Analyser les différences entre les exercices. Préciser le processus de résolution. Les classer.

Observer les différents énoncés dans lesquels on a utilisé le théorème de Thales, chercher leurs points communs.

Plus généralement.

Intelligence logico-mathématique :

Outils principaux : se poser des questions (Comment, quoi, qui, où, quand, pourquoi ?)

Classer, faire des associations, chercher des moyens mnémotechniques. Planifier un processus ou un projet.
Décomposer une tâche.
Hiérarchiser ses idées.Faire des graphiques.
Rédiger une liste de questions reliées à un sujet donné.
Créer des analogies….

Intelligence verbale-linguistique :

Outils principaux : Reformuler, jouer avec les mots et l’humour

Se mettre dans la peau d’un personnage, en imitant sa façon de parler.
Se raconter des histoires pour apprendre une formule.
Faire un journal de ses apprentissages : noter tout ce qu’on a appris dans la journée, ce qui pose problème ou des explications supplémentaires.

Intelligence visuelle-spatiale :

Outils principaux : tableau blanc, schémas, cartes mentales.

L’important est d’avoir sous les yeux les choses que l’on veut apprendre. On écrit des formules au tableau pour qu’elles soient à portée de vue quand on passe devant.
Il y a aussi la technique des post-it, qu’on accroche un peu partout (sur sa porte, dans la salle de bain, sur le tableau) pour y jeter un œil régulièrement.

Il y a différents types de schémas, les cartes mentales sont souvent intéressantes pour comprendre et apprendre un cours.
Associer une idée avec un dessin, un pictogramme.

 Utiliser la méthode des lieux pour apprendre (on associe un mot, ou une formule, ou une date à un endroit dans sa chambre.)

Intelligence kinésthésique :

Outils principaux : bouger, manipuler.

On retrouve le tableau blanc, mais plutôt pour se lever de son bureau et aller résoudre un exercice au tableau.

On peut aussi utiliser une memory box : boîte dans laquelle on dispose des fiches recto verso, avec une question d’un côté, une réponse de l’autre, fiches qu’on peut prendre et manipuler régulièrement. (un peu comme les post -it)

Pourquoi ne pas s’assoir sur un gros ballon pour pouvoir être en mouvement même à son bureau.

Suivre un parcours quand on apprend un texte.

Intelligence musicale :

Ecouter sa matière (si on peut enregistrer le cours c’est super), ou lire son cours à voix haute.

Inventer des chansons, apprendre en rythme. Vous pouvez trouver ici une mise en musique du tableau des éléments de Mendeleïev.  https://atelierjeunestalents.bandcamp.com/track/en-famille

Mettre de la musique pour travailler.

Intelligence naturaliste :

Outils proches de ceux du logico-mathématique et du visuel-spatial.

Faire des tableaux, des schémas.
Essayer d’établir un rapport avec la nature, ou d’avoir un environnement qui privilégie la nature.

Intelligence interpersonnelle :

Travailler en groupe ou à deux, ou travailler dans un endroit de la maison où il y a du monde.
Expliquer à une autre personne ce qu’on a appris, compris.
S’évaluer réciproquement avec un camarade par questions-réponses.
Faire des projets collectifs (un exposé ou un devoir maison à plusieurs).

Intelligence intrapersonnelle :

Outils : Se poser des questions sur les compétences et capacités qu’on doit mettre en œuvre pour faire ce qu’on a à faire.

Faire un journal créatif, journal intime autour des apprentissages.
Faire le lien entre ses apprentissages et la vie quotidienne.
Avoir un projet, savoir pour quoi il travaille.
Noter ce qu’on sait faire (ça booste également la confiance en soi)

En conclusion

L’idée à retenir est qu’il y a plusieurs méthodes d’apprentissages et qu’il faut expérimenter avec son enfant ce qui lui convient le mieux. Les enfants ne sont pas paresseux ! Ils sont simplement parfois démunis et les propositions pour travailler sont trop éloignées de leurs besoins et de leur personnalité.
Soyez créatif !

C’est intéressant de découvrir ses intelligences de prédilection ainsi que celles de son enfant. En faisant cela, on lui apprend à mieux se connaître…et on développe son intelligence intrapersonnelle.

Toutes les intelligences peuvent être développées, et c’est permettre à son enfant d’ouvrir son champ des possibles que de l’aider à acquérir de nouvelles compétences.

Alors, ne vous enfermez pas dans un modèle, et expérimentez!
Et amusez-vous!

Les idées de cet article sont en grande partie inspirées par l’excellent livre
Vaincre ses difficultés scolaires grâce aux intelligences multiples
Renaud Keymeulen, ed. de boeck

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